En bref
La Roumanie a modifié son salaire minimum légal, son taux de TVA et la retenue à la source sur les dividendes en l'espace de douze mois. Les tarifs de l'énergie industrielle ont connu de fortes fluctuations au cours de la même période. Ces changements n'ont pas tous les mêmes répercussions sur les filiales roumaines détenues par des sociétés étrangères. Le salaire minimum et les coûts énergétiques peuvent avoir un impact direct sur la masse salariale et les marges. La hausse de la TVA affecte principalement les ventes nationales et la gestion du fonds de roulement, et non la marge à l’exportation. La retenue à la source sur les dividendes ne s’applique souvent pas du tout à une société mère établie dans l’UE, en vertu de la directive européenne «société mère-filiale». Quatre critères permettent de déterminer quelles modifications sont réelles avant que le conseil d’administration ne se prononce sur la clôture des comptes.
Trois changements fiscaux en Roumanie ayant une incidence sur les cycles de planification des entreprises
Lorsque les prévisions actualisées d'une filiale roumaine s'écartent du plan annuel, le service financier du groupe doit évaluer trois changements réglementaires distincts survenus au cours d'un même cycle de planification de douze mois :
- Augmentation du salaire minimum légal: Les charges salariales directes augmentent immédiatement pour l'ensemble des effectifs de référence, une nouvelle révision obligatoire étant prévue pour le 1er juillet 2026.
- Hausse du taux de TVA national: Les achats nationaux sont soumis à des taux d'imposition plus élevés, ce qui réduit la marge de manœuvre en matière de fonds de roulement, sans pour autant affecter les marges à taux zéro réalisées à l'exportation.
- Ajustement de la retenue à la source sur les dividendes: Le Trésor signale des modifications potentielles concernant la retenue à la source sur les bénéfices rapatriés, en fonction du statut de la société mère au regard des conventions fiscales et des directives de l'UE.
Pourquoi le siège du groupe interprète mal la structure des coûts d'une filiale roumaine
Le siège social interprète souvent de manière erronée un plan budgétaire en appliquant une seule hypothèse globale à l'ensemble de l'entreprise, au lieu d'évaluer l'impact de chaque changement sur des activités spécifiques :
- Augmentation du salaire minimum: Cela entraîne une augmentation directe des charges salariales, en fonction de la proportion de salariés dont le salaire se situe près du seuil minimal.
- Hausse du taux de TVA: Cela a une incidence sur la consommation intérieure et le calendrier de gestion du fonds de roulement, plutôt que sur les ventes à l'exportation exonérées de TVA.
- Augmentation de l'impôt sur les dividendes: Ne s'applique pas aux entités mères éligibles qui satisfont aux exigences de participation prévues par la directive européenne « mères-filiales ».
- Volatilité des tarifs énergétiques: Cela n'entraîne une pression significative sur les marges que pour les installations présentant une forte intensité énergétique technique.
Quatre critères financiers pour évaluer la viabilité d’une filiale roumaine
Avant que le conseil d'administration ne se penche sur la prise en charge des coûts, la restructuration ou la sortie, la direction financière du groupe a du travail à accomplir. Elle doit soumettre la filiale roumaine à quatre tests, dans l'ordre. Chaque test s'appuie sur les registres primaires relatifs à la masse salariale, aux droits de douane ou à l'actionnariat, et non sur une seule hypothèse globale du groupe.
Test n° 1 : Évaluation de l'augmentation du salaire minimum roumain et de la compression des échelons salariaux
Le gouvernement a gelé le salaire minimum brut est fixé à 4 050 RON jusqu'au 30 juin 2026. Il passera à 4 325 RON à compter du 1er juillet 2026, conformément à la décision du gouvernement 146/2026. Cela s'applique à tous les employeurs du pays. Ce qui varie, c'est la proportion de la main-d'œuvre qui se situe effectivement près de ce seuil.
Le test est simple. Il suffit de vérifier quelle part des effectifs perçoit un salaire égal ou proche du seuil minimum. Il faut ensuite évaluer dans quelle mesure ce nouveau seuil comprime les échelons salariaux situés au-dessus. Dans une usine d'assemblage à fort volume de production, 30 à 40 % des effectifs peuvent percevoir le salaire de base. Les coûts directs augmentent alors immédiatement. Dans une usine de précision ou d'électronique, le salaire d'entrée dépasse souvent déjà 5 000 RON, de sorte que l'effet direct reste faible.
Le véritable défi réside dans la compression salariale. Lorsque les salaires d’entrée augmentent par décret, les techniciens et les chefs d’équipe s’attendent eux aussi à une augmentation proportionnelle. Si l’on accède à cette demande, la masse salariale gonfle à tous les niveaux de la structure. Si on la refuse, les opérateurs qualifiés partent chez les concurrents locaux. Pour une filiale roumaine, l’évaluation du salaire plancher doit porter sur la structure salariale dans son ensemble, et pas seulement sur le taux nominal.
Test n° 2 : Analyse de l'impact de la hausse de la TVA en Roumanie sur le fonds de roulement et les exportations
La Roumanie a relevé le taux normal de TVA de 19 à 21 %, avec effet au 1er août 2025, en vertu de la loi n° 141/2025. Les responsables financiers intègrent souvent cette hausse directement dans leurs prévisions de marge. Ils partent du principe qu’elle réduit directement la rentabilité. Or, pour une filiale roumaine axée sur l’exportation, cette hypothèse ne se vérifie généralement pas.
La TVA est une taxe à la consommation qui incombe à l'acheteur national. La filiale roumaine peut exporter des composants finis vers les chaînes d'assemblage de la société mère en Allemagne, en Autriche ou en France, ou vers des équipementiers européens. Ces livraisons intracommunautaires sont soumises à un taux de TVA nul ; l'usine ne perçoit donc pas de TVA sur ces ventes.
C'est au niveau des achats nationaux, des services publics et des factures des sous-traitants locaux que cette hausse se fait le plus sentir. La filiale récupère ensuite ces montants par le biais des déclarations mensuelles de TVA. Si l'administration fiscale retarde les remboursements, la trésorerie s'en trouve entre-temps réduite. Pour une usine exportatrice, il s'agit d'un problème de trésorerie et non d'un problème de marge, et ces deux situations nécessitent des réponses différentes.
Test n° 3 : Évaluation de la retenue à la source sur les dividendes roumains et des exonérations prévues par la directive européenne
Le 1er janvier 2026, la retenue à la source sur les dividendes est passée de 10 à 16 %. Les commentateurs ont largement présenté cette mesure comme une réduction directe des rendements pour les investisseurs. Pour un groupe allemand, français ou autrichien détenant une filiale roumaine, ce taux nominal peut ne pas s'appliquer du tout.
Ce contrôle consiste à comparer le registre des actionnaires avec la structure société mère-filiale de l'UE. Directive, directive 2011/96/UE du Conseil. PwC La Roumanie résume cette règle dans ses directives réglementaires. Une société mère résidant dans un autre État membre de l'UE ou de l'EEE peut percevoir des dividendes exonérés de retenue à la source. La société mère doit avoir détenu au moins 10 % de l'entité roumaine pendant une année complète et ininterrompue. Elle doit également disposer d'un certificat de résidence fiscale en cours de validité.
Un groupe détenant depuis plusieurs années 100 % de sa filiale roumaine bénéficie d'un taux effectif nul. Le taux de 16 % s'applique aux particuliers et aux actionnaires minoritaires dont la participation est inférieure au seuil de 10 %. Il s'applique également aux structures non européennes ne bénéficiant pas d'une convention fiscale comparable, ou aux entités qui n'ont pas encore atteint le seuil d'un an d'existence. La plupart des groupes ne procèdent pas à ce test pour leur filiale roumaine. Ils partent simplement du principe que les liquidités rapatriées sont soumises à une réduction de six points, mais cette hypothèse est souvent erronée.
Test n° 4 : Mesure de la volatilité des tarifs énergétiques industriels et de l'intensité énergétique technique
Le directeur général d'un industriel roumain a désigné la volatilité des tarifs d'électricité comme la principale source de pression sur la compétitivité du secteur manufacturier en 2026. Ces tarifs devancent ainsi les modifications fiscales prévues par la loi. Un projet d'impôt minimum sur le chiffre d'affaires est venu aggraver ces inquiétudes. Il a suscité une opposition soutenue de la part de douze associations patronales nationales, dont la Chambre de commerce et d'industrie française en Roumanie (CCIFER).
Le test présenté ici évalue l’intensité énergétique technique d’une filiale roumaine, et non une moyenne nationale. Dans une fonderie, un atelier de moulage par injection ou une chaîne de production de verre, l’électricité peut représenter entre 12 et 20 % des coûts d’exploitation. Une hausse des tarifs modifie alors directement la rentabilité unitaire. Dans l'assemblage manuel ou le conditionnement léger, l'énergie dépasse rarement 3 % des coûts. La même variation tarifaire y a donc à peine un impact. Un chiffre national unique sur l'énergie masque la réalité de l'exposition au risque.
Principaux signes avant-coureurs indiquant qu'une filiale roumaine est en difficulté financière
Un conseil d'administration n'a pas besoin d'attendre l'examen annuel pour déterminer si ces tests sont pertinents. Cinq signes apparaissent généralement en premier lieu, souvent dans cet ordre.
- Les opérateurs et techniciens qualifiés commencent à partir, car le salaire plancher réduit les écarts avec les salaires des débutants.
- La dette intra-groupe augmente, car les remboursements de TVA sont versés avec retard et l'usine finance elle-même ce manque à gagner.
- Les fournisseurs locaux augmentent leurs prix en invoquant la hausse des impôts et des salaires, sans justifier cette augmentation par des clauses contractuelles.
- Les contrats à prix fixe conclus avec les clients ne prévoient aucune indexation sur la main-d'œuvre ou l'énergie ; l'inflation des coûts ne peut donc pas se répercuter.
- Les rapports financiers locaux sont remis en retard ou reclassent les écarts dans des postes ponctuels non justifiés.
Un seul de ces signes, pris isolément, est gérable. La présence de deux d'entre eux ou plus signifie généralement que la filiale roumaine doit faire l'objet d'un audit indépendant sur place avant que le conseil d'administration ne prenne une décision.
Priorité absolue pour la direction financière du groupe : établir des faits opérationnels vérifiés
Avant que les conseils d'administration n'évaluent des choix stratégiques majeurs tels que la prise en charge des coûts, la renégociation de contrats ou la fermeture d'usines, le service financier du groupe doit établir des faits opérationnels avérés :
- Effectuez les quatre tests financiers: Il convient d'examiner successivement les registres primaires relatifs à la paie, aux droits de douane et à l'actionnariat, plutôt que de se fonder sur des hypothèses consolidées.
- Exploiter les capacités internes d'examen: Effectuez la vérification en interne si le service financier local dispose des ressources nécessaires et d'une comptabilité transparente.
- Faire preuve d'un leadership autonome: Faire appel à une expertise externe lorsque les équipes locales sont accaparées par la gestion quotidienne des crises, que les canaux de communication sont saturés ou qu'une fermeture potentielle risque d'introduire un biais interne.
Déploiement d'un directeur financier intérimaire en Roumanie pour assurer la liaison entre le siège social et les opérations de l'usine
Il ne s'agit pas ici de l'histoire d'un siège social compétent qui remet sur les rails une filiale roumaine peu performante. Il ne s'agit pas non plus d'une usine performante qui se défend contre un propriétaire lointain. Les deux parties ont généralement une vision partielle mais authentique de la situation.
Le siège social a besoin d'une base factuelle fiable et vérifiée avant d'engager des fonds ou d'annoncer une fermeture. La direction locale a besoin de délais réalistes, de priorités claires et d'une protection contre les décisions fondées sur un modèle incomplet. Aucune des deux parties ne peut fournir à l'autre ce dont elle a besoin dans la situation actuelle.
Un directeur financier ou un directeur général par intérim affecté au sein de la filiale roumaine comble directement cette lacune. Ce cadre dirigeant effectue les quatre vérifications à partir des grands livres. Il clarifie également le statut fiscal au regard des conventions fiscales avec un conseiller externe et identifie l’exposition réelle au secteur de l’énergie. Cette même image vérifiée est ensuite transmise à la fois au siège social et à l’équipe locale. Si la filiale est viable, le dirigeant réévalue les contrats et restructure la base de coûts. Dans le cas contraire, ce même dirigeant est habilité à planifier une fermeture contrôlée. Cela implique de préserver la valeur de l’entreprise et de fidéliser les collaborateurs clés jusqu’à la fin des activités. Cela implique également de gérer les indemnités de licenciement dans le respect des procédures légales en vigueur.
Un dirigeant présélectionné et correspondant au profil recherché est prêt à prendre ses fonctions dans les 72 heures suivant la finalisation du cahier des charges. Cela permet au conseil d’administration de disposer immédiatement de l’autorité dont il a besoin, plutôt qu’au terme de plusieurs mois de débats internes.
Étude de cas : Retour à la rentabilité pour un équipementier automobile à Brașov, en Roumanie
Un équipementier automobile allemand de premier rang exploitait une usine d'assemblage électromécanique et d'emboutissage près de Brasov. Cette filiale roumaine employait 480 personnes et produisait des capteurs de colonne de direction, des supports emboutis et des faisceaux de câbles destinés à des plateformes automobiles européennes. Elle réalisait un chiffre d'affaires annuel de 42 millions d'euros.
La Roumanie a relevé la TVA à 21 % fin 2025. Le gouvernement a ensuite annoncé une hausse du salaire minimum à 4 325 RON pour juillet 2026. Les responsables financiers de l’entreprise à Stuttgart ont alors réalisé une analyse de sensibilité simplifiée. Ils ont appliqué cette augmentation salariale à l’ensemble de la masse salariale roumaine et ont intégré la nouvelle retenue à la source de 16 % sur les dividendes. Les prévisions consolidées ont montré que l’EBITDA de la filiale, qui affichait auparavant une marge positive de 6,2 %, est passé à une marge négative de 2,8 %.
Le directeur financier du groupe a conclu que la Roumanie n’était plus viable. Il a invoqué l’instabilité de la politique souveraine. Il a recommandé la fermeture progressive du site de Brașov et le licenciement de l’ensemble des 480 employés. Il a également proposé de transférer les machines de production vers un site partenaire à Tanger, au Maroc. Sur le terrain, les fournisseurs roumains ont commencé à exiger une augmentation forfaitaire des prix de 15 %. Les opérateurs de machines à commande numérique expérimentés et les techniciens qualité, confrontés à une compression des écarts salariaux, ont réclamé une augmentation immédiate de 20 %.
Analyse sur place : ce qu'un directeur financier intérimaire a découvert en Roumanie grâce aux grands livres comptables
Le conseil de surveillance a suspendu la décision de fermeture. Il a fait appel à un associé par intérim de CE pour mettre en place un CFO intérimaire fort d’une expérience en restructuration en Europe centrale. Dans les 72 heures qui ont suivi la finalisation du cahier des charges, le cadre dirigeant était sur place. Le directeur financier par intérim a effectué les quatre tests directement à partir des grands livres comptables, et non à partir du modèle consolidé du groupe. L’associé de CE Interim est resté impliqué tout au long de la mission, examinant chaque résultat de test avant qu’il ne soit transmis au conseil de surveillance.
L’analyse du salaire plancher a révélé que seuls 38 des 480 employés percevaient un salaire proche du minimum légal. Ces postes concernaient les secteurs de l’emballage et de la manutention. Le modèle de Stuttgart avait, quant à lui, appliqué le taux d’inflation salariale à l’ensemble des grades d’ingénierie et techniques de la filiale roumaine. L’impact direct réel sur la masse salariale s’élevait à 58 000 euros par an. Les prévisions initiales du groupe tablaient sur 360 000 euros. Le directeur financier par intérim a mis en place une matrice de mérite à trois niveaux pour les opérateurs clés, pour un coût annuel de 42 000 euros. Cela a permis d'enrayer l'attrition du personnel technique sans faire gonfler la masse salariale totale.
Le contrôle de la TVA s'est appuyé sur les manifestes d'expédition sortants. Il a révélé que 94 % de la production était directement acheminée vers des usines d'assemblage en Allemagne, en Autriche et en Slovaquie. Ces expéditions étaient considérées comme des livraisons intracommunautaires à taux zéro en vertu de la réglementation européenne en matière de TVA. Le taux de 21 % ne s’appliquait qu’aux achats nationaux de services publics et de maintenance. Cela a généré un besoin de fonds de roulement de 110 000 euros, et non une perte de marge. Le directeur financier par intérim a réduit ce besoin à 45 jours en accélérant le dépôt des déclarations mensuelles de remboursement de TVA.
Rétablir la viabilité opérationnelle et préserver la marge de la filiale roumaine
Le contrôle fiscal relatif aux dividendes a confirmé que la société mère allemande détenait 100 % de l'entité roumaine depuis 2017. Le directeur financier par intérim a collaboré avec un conseiller fiscal externe et a obtenu les documents attestant de la résidence fiscale. Ces documents ont confirmé une exonération totale en vertu de la directive européenne « société mère-filiale ». Le taux nominal de 16 % ne s’appliquait absolument pas à cette structure de propriété.
L'audit énergétique a mis en évidence un risque réel. Les tarifs d'électricité industrielle non couverts dans l'atelier d'emboutissage avaient augmenté de 31 %. Le directeur financier par intérim a présenté les données de consommation vérifiées au principal client du secteur automobile. Cela a permis d'obtenir une majoration temporaire couvrant 70 % de cette hausse, soit 310 000 euros par an.
Ces quatre tests ont infirmé l’hypothèse mixte concernant la filiale roumaine. Celle-ci a alors affiché une marge d’exploitation stable de 6,8 %, et non la perte prévue. Le conseil de surveillance a annulé le décret de fermeture. Cette décision a permis d’éviter 4,2 millions d’euros de coûts liés aux indemnités de licenciement, à la remise en état du site et à la relocalisation. Elle a également assuré la continuité des principaux programmes automobiles auxquels l’usine fournissait des pièces.
Foire aux questions sur la gestion d'une filiale roumaine
La hausse du salaire minimum roumain à 4 325 RON menace-t-elle la viabilité du secteur manufacturier ?
Non. Cette réponse dépend de la filiale roumaine elle-même, et non de la situation nationale. Les coûts horaires de main-d’œuvre en Roumanie restent parmi les plus bas de l’UE, avec une moyenne de 13,6 euros en 2025 selon Eurostat. La viabilité dépend de la proportion de la main-d’œuvre se situant près du seuil minimum et de la manière dont le conseil d’administration gère la compression salariale. La productivité sous-jacente a également son importance, et pas seulement le taux affiché.
Pourquoi la hausse de la TVA à 21 % en Roumanie n'entraîne pas une baisse des marges à l'exportation
La TVA est un impôt sur la consommation intérieure. Les livraisons transfrontalières destinées à des entreprises situées dans d’autres États membres de l’UE sont soumises à un taux de TVA nul. Pour une filiale roumaine axée sur l’exportation, cette hausse se traduit par un problème de rotation du fonds de roulement lié aux achats locaux. Il ne s’agit pas d’une baisse de la marge brute.
Les sociétés mères étrangères sont-elles exonérées de la retenue à la source roumaine sur les dividendes ?
Souvent, oui. En vertu de la directive européenne « sociétés mères et filiales », une société mère de l’UE peut percevoir des dividendes exonérés de retenue à la source. Pour cela, la société mère doit détenir au moins 10 % des actions pendant au moins une année consécutive. Elle doit également disposer de documents valides attestant de sa résidence fiscale. Le conseil d’administration doit vérifier ces conditions au regard de la structure de propriété spécifique, plutôt que de partir d’hypothèses.
Dans quels cas une filiale roumaine doit-elle faire appel à un directeur financier intérimaire en Roumanie plutôt que de mener un audit interne ?
Une filiale roumaine a besoin d’un tel dirigeant lorsque les services financiers locaux ne disposent ni des capacités ni de la crédibilité nécessaires pour satisfaire aux quatre critères. Elle en a également besoin lorsque la communication entre le siège social et l’usine est rompue. Il en va de même lorsque la décision peut impliquer une restructuration ou une fermeture. Un dirigeant indépendant apporte une autorité légale et n’a aucun intérêt préalable dans l’issue de la situation.
Comment le conseil d'administration d'une entreprise doit-il réagir lorsque plusieurs signes de difficultés apparaissent au sein de ses filiales ?
Faites réaliser une expertise indépendante sur place avant de décider de prendre en charge les coûts, de renégocier les contrats ou de procéder à une restructuration. Cette hypothèse de siège social mixte a conduit au scénario de dépréciation de Brasov pour cette filiale roumaine, avant même que quiconque ne l'ait testée.
La volatilité des prix de l'énergie industrielle représente-t-elle un risque plus important que les modifications fiscales pour les usines roumaines ?
Pour les processus à forte intensité énergétique, tels que les fonderies, le moulage ou les chaînes de production de verre, c'est souvent le cas. En revanche, pour les opérations d'assemblage manuel ou de conditionnement léger, les coûts énergétiques dépassent rarement 3 % de la base de coûts. Dans ces cas-là, le salaire minimum et tout écart dans l'indexation des contrats clients ont généralement plus d'importance.
Connaissances connexes et prochaine étape
Les groupes qui envisagent d'étendre leur présence en Europe centrale et orientale pourraient trouver utiles nos recommandations à ce sujet. Elles traitent des situations où le directeur financier et le directeur des opérations ne parviennent pas à s'accorder sur une décision concernant une usine. Elles expliquent également comment les conseils d'administration règlent un désaccord, une fois que les faits ont été établis à l'aide des quatre critères.
Lectures complémentaires:
Avant qu'un conseil d'administration ne décide de fermer, de restructurer ou de conserver une filiale roumaine, ces quatre critères permettent de déterminer quels changements sont réels. A Associé par intérim chez CE peut contribuer à mettre en place sur place l'autorité exécutive nécessaire.

